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MARCO DIANI

Zel·ig (zelig) noun1. a person, typically an ordinary, unimportant person, who seems to turn up with surprising or unaccountable frequency in a variety of settings

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LUTTER CONTRE LES EXCLUS DE LA REPUBLIQUE :

Comment créer de nouveaux espaces d’identité et de dialogue

 

  

Depuis quelques années, la France--comme les autres démocraties occidentales--découvrent le long chemin qui lui reste à parcourir pour entrer dans la modernité politique, pour dépasser un système représentatif archaïque, doublé d’un personnel politique qui parfois ne l’est pas moins.

 Nombre d’événements récents agissent aussi comme des« concentrateurs » des tensions nationales : dans notre interventions nous allons argumenter que les crises majeures de ces dernières années ne sont pas seulement que des événements « négatifs », mais le signe que les barrières et les résistances au changement commencent à s’effriter de partout, même si encore lentement et confusément.

 Dans notre intervenions, nous soulignerons aussi le paradoxe suivant, à savoir que les crispations et tensions actuelles ne sont pas uniquement des mouvements de résistance intellectuelle ou politiques, ou des actions « contre », de pure protestation ou refus de l’autorité, mais sont surtout les soubresauts des vieilles structures, idéologiques et historiques, qui ont longtemps empêché le pays de moderniser ses structures de représentation politique et de gestion du changement social.

 Ces formes de résistance et ces crises montrent une vérité incontournable, et indiquent autant de chantiers pour moderniser une société qui souffre encore d'un sérieux déficit de communication politique, y compris de la part des gouvernants qui ont systématiquement sous-estimé l’ "incommunication" croissante entre pays légal et pays réel. [1]

 C'est ainsi, par exemple, que l’on retrouve encore, dans les media et dans les discours politiques, une opposition exacerbée entre, d’un côté les élites des beaux centres urbains, des couches diplômées et aisées, de l’autre les banlieues, ces périphéries où se concentrent les pauvres, les jeunes, en un mot tous les  EXCLUS DE LA REPUBLIQUE.

 En réalité, la maladie structurelle de la démocratie française, -- ce « mal français » pour reprendre le titre du grand livre d’Alain Peyrefitte [2]-- encore soulignée par les diatribes récentes sur l’identité et la sécurité nationales-- est la raréfaction de ce que je définis comme des espaces symboliques d’identité et de dialogue, qui seuls pourront permettre le renouvellement des acteurs politiques, d’élargir et renforcer le pouvoir de l’opinion publique, et d'augmenter la circulation et l'efficacité des discours de toutes les composantes de la société française.

 En, un mot, l'équation est relativement simple: pas de sortie de la crise structurelle de la démocratie en France sans la création d’un plus grand nombre d’acteurs plus ou mieux représentatifs de la France d’aujourd’hui. Au moins sur ce point toute la classe politique, de gauche comme de droite, se retrouve d’accord.

 Au XXIème siècle, se limiter à solliciter les électeurs par le suffrage universel pour aussitôt les oublier pendant 5 ans  n’est vraiment plus suffisant: absentéisme électoral record, conflits fondés sur des rapports de force non négociables--regardez les réactions à la reformes

 des retraites de l‘automne 2010--, communautarisme croissant, révoltes et violences de toute nature en sont la preuve.

 La notion d'espace public [3] est devenue aussi commune et banale dans son utilisation que celle d'opinion publique qui lui est intrinsèquement liée, mais il serait d'autant plus nécessaire de l'interroger et d'en préciser le sens à la lumière de la question de ce texte : Habermas y a consacré un travail approfondi, en dégageant un modèle d'espace public idéal pouvant être l’espace de publicité des idées et savoirs, le lieu de délibération par excellence et le lieu d'un consensus à rechercher entre TOUS les citoyens.

Malgré tous les efforts, des groupes sociaux vastes et importants restent encore écartés de la délibération publique: et donc ils agissent et prennent la parole uniquement ou surtout lors d’agitations et divers mouvements dans des lieux et des cadres tels que les quartiers, les communautés, les comités, les coordinations ou conseils qu'ils inventent et font vivre.

 Ceci se passe en dehors de l'espace public qu’ils critiquent comme étant limité et bourgeois, qui a certes la prétention de représenter toute la société, mais qui a aussi visiblement des limites sérieuses : c’est le développement de la société des « tribus », comme l’a définie de manière géniale le grand sociologue Michel Maffesoli.[4]

 Habermas reconnaît en effet avoir exclusivement prêté attention au modèle libéral de la sphère publique bourgeoise. En ignorant la sphère publique plébéienne. De cette lacune a provoqué dans la pensée contemporaine, une conception abusivement consensualiste de l'espace public. Le travail critique d'Oskar Negt, un des représentants du  « courant chaud de la Théorie critique », remédie à ce manque en réintroduisant au centre de l’analyse la dimension des conflits.

 Des nouveaux espaces publics alternatifs se créent qui « ne concernent pas seulement l'expérience des travailleurs, mais désignent tous les potentiels humains rebelles, à la recherche d'un mode d'expression propre ».[5]  Il ouvre en effet un champ de bataille politique entre deux économies et entre deux espaces publics. Ainsi repensé, au regard la division sociale, l'espace public donne lieu à un questionnement nouveau : qu'est-ce que les travailleurs peuvent-ils en faire ? Et quels intérêts les classes dominantes poursuivent-elles à travers la sphère publique bourgeoise ?

Trois mouvements scandent l'analyse d'Oskar Negt. D'abord, la mise en lumière de la dégénérescence de la sphère publique bourgeoise qui, sous l'influence des médias, constitue un théâtre d'illusion, créateur d'une réalité seconde et conduit, de par cette inversion, à un dépérissement de l'expérience.

Puis, l'affirmation de la pleine altérité de l'espace public " prolétarien ", qui renvoie à une expérience non-identique, au sein du capitalisme tardif, et fonctionne comme un concept symbolique : loin d'être associé à la seule classe ouvrière, il concerne tous les groupes sociaux, en proie au système de domination qui contrôle le déploiement de l'existence dans l'espace et le temps.
Enfin, l'élaboration d'une nouvelle catégorie, l'espace public oppositionnel qui désigne la rencontre de toutes " les subjectivités rebelles ", en situation de résister à l'intégration à une totalité non vraie, pour reprendre l’expression d’Adorno. 

 On assiste ainsi au débordement permanent de l'espace public bourgeois, par des instances nouvelles de médiation entre les êtres humains dont les vies sont gâchées, amoindries, brisées et où ils peuvent exprimer leurs subjectivités qui sont d'ordinaire refoulées, humiliées, dévalorisées par une société qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme mobilisant à son profit exclusif une multitude de rouages dont la visibilité n'est pas toujours évidente.

 C’est, en résumé la logique de la « France d’en bas » qui se résume dans le slogan ou l’image « On nous cache tout, on ne nous dit rien », d’où aussi la croissance exponentielle dans toutes les démocraties « médiatiques » de l’importance politique des « scandales », fuites et autres « révélations ».[6]

 Les EXCLUS DE LA REPUBLIQUE, sont donc--bien évidemment--les minorités visibles et discriminées à titre divers, mais aussi les millions de travailleurs pauvres et les chômeurs, ainsi que les femmes, les jeunes, les sans-abri et tout groupe social ne supportant plus telle injustice ou violence à son égard générée par l’action combinée du mur invisible de la discrimination et du mur visible de l’exclusion sociale.

Ceci est rendu plus dramatique car les forces traditionnelles de la modernité politique (partis, syndicats, associations) ont tout perdu de leur influence et ne sont plus le sujet historique libérant l'humanité de ses chaînes à la suite d'une prise de conscience ou d’une mobilisation de classe, selon le modèle dominant dans toute la modernité des XI et XXème siècles.

 Cette vision, désormais obsolète et réductrice, n’est plus d’actualité pour développer des capacités actuelles et concevoir des stratégies futures : en effet, elle semble dévaloriser et ne pas pouvoir intégrer a priori toutes les autres formes de révoltes et contestations individuelles ou collectives comme étant secondaires, invisible ou irrationnelles.

 Sous couvert d'investir les travailleurs d'une mission historique grandiose, on s'enlise dans une démagogie ouvriériste qui semblait être destinée aux oubliettes de l‘histoire, on remet en selle le prolétariat et on ne porte qu'une attention superficielle à l'expérience diversifiée des mouvements alternatifs et émergeants qui  mobilisent et luttent  contre les discriminations. Et qui indiquent, même si confusément, les réponses aux questions :

 

Quels partenariats ? Quels objectifs ?


Une autre impasse consiste à noyer tous les acteurs des mouvements alternatifs dans un grand tout indifférencié, les citoyens ou la société civile, avec toutes les notions abstraites et mystifiantes qui vont avec, la République, la Démocratie, la Communauté internationale ou l'Etat social: c’est l’avènement de la multitude.
« La démocratie à l'échelle globale est en train de devenir, pour la première fois, une possibilité réelle, que nous appelons le projet de la multitude. Le projet de la multitude n'exprime pas seulement le désir d'un monde d'égalité et de liberté, il ne revendique pas seulement une société démocratique globale, ouverte et inclusive: il se donne les moyens de réaliser ce désir. » [7]

Il semblerait autrement utile que, entre autres expériences contemporaines, nous devrions approfondir l’analyse contemporaine du temps de travail et du très restreint temps de non-travail s'inscrit dans sa  conviction que le « travail vivant » est au cœur de la question de la compréhension du capitalisme et de son dépassement. « […] il faut remplacer l'économie politique du travail mort, c'est-à-dire du capital et de la propriété, par une économie politique du travail vivant, partout où la nécessité de l'émancipation humaine est en jeu, et ce afin d'approcher d'une forme d'organisation raisonnable du bien commun ».

 La finalité du travail vivant doit à nouveau être liée à un bien commun, comme nous le rappelle encore récemment Alain Touraine, le théoricien des mouvements sociaux, qui donne sa réponse de sociologue à la question "comment sortir de la crise"[8] dans un livre où il diagnostique la mort de l'action sociale, et explore les deux possibilités qui s'offrent à nous pour sortir de l'impasse. D’une part, comment la crise économique que nous traversons agit-elle sur les tendances à long terme qui transforment nos sociétés? D’autre part, comment entrevoir ce qui nous attend lorsque nous en sortirons ?

 Notre société, est à l'heure de l'économie globale et de l'individualisme triomphant, et a rompu avec le vieux modèle d'intégration qui avait été le sien depuis la révolution industrielle.

 Nous avons fini de croire être les acteurs d'un système économique autour duquel s'organiserait toute la vie sociale, mais principalement comme des sujets dotés de droits et créateurs de leur propre vie dans un univers à dominante culturelle.

C'est ainsi que l'"acteur" agit de plus en plus indépendamment du " système ".

 La crise, en séparant encore davantage l'économie de la société, sous l'effet de l'autonomie croissante des logiques spéculatives et financières, est susceptible d'influer de deux façons sur cette tendance à long terme. Frappés par le choc économique et social, les acteurs peuvent, en effet, tout aussi bien subir une exclusion sociale croissante que voir s'accélérer la mutation culturelle inscrite dans le long terme. Bref, les années qui viennent hésiteront entre la catastrophe et la refondation.  L'espace public devient alors, selon l’expression d’Oskar Negt, un lieu oppositionnel, dans un combat où dans « une telle économie, comment serait-elle possible, sinon en faisant appel à la participation politique d'êtres autonomes et capables d'agir par eux-mêmes? ».[9]

 Voilà aussi pourquoi le manque ou la perte d'emploi constitue désormais une perte totale de réalité, avec ses effets anxiogènes et une violence intériorisée finissant éventuellement par s'exprimer contre soi, dans la famille, le cadre scolaire ou n'importe où contre un bouc émissaire. « La peur de cette perte de réalité implique à son tour une disposition plus grande à l'adaptation, voir à la suradaptation conformiste. »

Lier la nouvelle dialectique des espaces publics à la lutte contre les exclusions


Si on reprend—et même seulement en partie-- la version « oppositionnelle » proposée par Negt, la vitalité de pratiques démocratiques dignes de ce nom et la perspective d'une société harmonieuse sans guerre et sans violence est ainsi fortement connecté au poids et à la richesse humaine au sein du travail salarié qui permet des formes de respect de soi et de reconnaissance sociale qui sont balayés par le basculement dans le chômage et la discrimination.

 Cet ensemble de questionnements nous ramène ainsi à la tension permanente qui se produit entre un espace public profondément transformé ces dernières décennies à travers l’influence croissante des mass-média, et un opinion publique qui selon les moments se rétracte, frôle l'inexistence ou se déploie en entraînant de nombreux groupes sociaux, y compris dans la violence.

Les intérêts de toutes les catégories discriminées et opprimées ne peuvent se déployer et déboucher sur une autre société qu'en s'organisant dans un espace qui leur est propre et qui déborde nécessairement les organisations ayant pignon sur rue.  Dans ce processus de constitution, ses acteurs sont amenés bien sûr à utiliser les ressources de l'espace public traditionnel qui sont à leur portée et éventuellement à subvertir certaines de ses formes.

Mais les obstacles doivent être bien saisis. La majorité des mass-média livrent une réalité seconde, opèrent un tri et une déformation des informations, ou fournissent des fictions calibrées, des objets de désir pour alimenter les affects des citoyens-spectateurs.

 Tout cela a un impact prégnant dans le cadre d'un mode de vie qui ne laisse à personne le temps de la critique et de la réflexion: le virtuel tend à se substituer aux expériences vécues par les sujets sociaux.

De leur côté les organisations politiques, syndicales et associatives ne cristallisent qu'une petite partie des expériences vécues. Elles constituent pour nombre d'entre elles un obstacle à la compréhension de la réalité et à la mobilisation de la mémoire des expériences passées. Les effets de la concurrence entre les organisations restreignent encore plus le champ de compréhension et de possibles interventions et prises de parole par des travailleurs, des femmes ou des jeunes par exemple. Les subjectivités rebelles, éléments fondamentaux de tout changement, ne trouvent guère leur place dans ces cadres routiniers.

Ces obstacles perdent de leur intensité ou s'effondrent lorsqu'un espace oppositionnel se déploie dans les rues, les entreprises, les universités ou sur internet.

 Dans le cadre de mouvements comme les grèves de novembre-décembre 1995, celui des jeunes contre le CPE, ou encore la grève générale en Guadeloupe au début de l'année 2009 ou enfin les mouvements sociaux en cours depuis le printemps 2010, la possibilité semble enfin s’offrir à chaque participant de déployer ses ressources d'énergie et d'imagination, que ne permettent pas les cadres organisés installés et plus ou moins bureaucratisés.

Le point d'origine d'un espace public oppositionnel peut être une simple revendication ne concernant qu'une partie de la population mais la dynamique de cet espace peut le faire muter en un espace propositionnel d'une autre société non marchande. L'exemple du mouvement en Guadeloupe et dans les territoires ultramarins est particulièrement éloquent à cet égard :  parti du problème de la hausse des produits pétroliers, il a débouché sur la question bien plus générale du « comment bien vivre ensemble ? »

 

La force du rêve

Cette perspective ne se fabrique pas en petit comité entre quatre murs mais elle se prépare et peut être fécondée par des analyses adéquates, constamment renouvelées, dégageant des tendances à l'œuvre dans cette société et tous ses dispositifs. Tout dépend de la capacité à se libérer de ce que je définis la dictature de l'immédiat consistant à dénoncer sans imaginer un horizon global aux luttes et diverses contestations.

A la surface de la société il y a un certain nombre de biais qui faussent notre conception de la communication : malgré notre fascination pour les nouvelles technologies, l’essentiel de la communication n’est pas du côté des techniques mais du côté des hommes et des sociétés. Mais en réalité, ce qui se produit dans nos sociétés est donc apparemment un surplus d’informations, de médias et de sondages, mais sur le fond il y a très peu de vraies  réflexions sur le rôle essentiel de ces espaces symboliques d’identité.

En conclusion il faut insister sur la réciprocité nécessaire de la communication, qui se distingue notamment de l’information. En absence de l’élargissement de ces espaces symboliques d’identité, de cette avancée fondamentale, les élites vont inévitablement se renfermer sur elles-mêmes, le dialogue politique va encore se rétrécir et les mouvements sociaux hostiles vont continuer à se radicaliser…

 

A moins de trouver, et rapidement, la voie pour créer des nouveaux espaces publiques politiques partagés.

  

Marco DIANI    Sociologue, chercheur au CNRS  [contact@marcodiani.org]

 

[1] L’expression et l’opposition "Pays réel / pays légal" ont une claire origine dans la pensée des théoriciens de  la droite sociale nationaliste française, et Charles Maurras, en particulier. Pour Maurras, le régime républicain, ses administrations hyper-centralisées, ses partis politiques et ses soutiens idéologiques, forment un "masque grotesque", tyrannique et inefficace, le "pays légal", qui est artificiellement superposé au "pays réel", le pays qui "travaille et qui vit", que l'on appellerait aujourd'hui la société civile. A l'opposé de cette démocratie jacobine, Maurras propose une vaste décentralisation et une autogestion des problèmes locaux, non par une classe politicienne départementale ou régionale mais, directement, par les acteurs sociaux. La monarchie, au sommet de l'Etat, servirait de fédérateur au-dessus de cette diversité, d'où sa célèbre formule : "l'autorité en haut, les libertés en bas".

[2]  Le Mal français, Paris, Fayard, 2006. Publié pour la première fois en 1976  il y a exactement trente-cinq ans, la relecture de ce gros volume de plus de six cents pages ouvre encore aujourd'hui, des grands champs de réflexions et de saisissantes interrogations. 

 [3] Utilisé en premier lieu par I. Kant, le concept a été défini plus précisément par Hannah Arendt, en particulier dans Condition de l'homme moderne (1958) et dans La Crise de la culture (1961). L'usage de ce concept philosophique a toutefois rapidement été supplanté par le grand engouement qu'a connu son acception dans les sciences humaines et sociales. L'espace public est désormais une notion très utilisée en sciences humaines et sociales depuis la thèse du grand philosophe et sociologue allemand Jürgen Habermas intitulée L'espace public : archéologie de la publicité comme dimension constitutive de la société bourgeoise (1962), Paris, Payot, 1988.

[4] Le temps des tribus, Paris, La Table ronde, 2003.

[5]  Oskar Negt, L'espace public oppositionnel, Paris, Payot, 2007, page 222.

[6] Un « série» commencé par l’affaire Clinton-Lewinsky aux USA, poursuivie par l’interminable litanie des scandales sexuels de Berlusconi en Italie, pour arriver à la plus récente affaire politico-financière Bettencourt en France.

[7] Antonio Negri et Michael Hardt parlent à ce propos de : Multitude. Guerre et démocratie à l'âge de l'Empire, Paris, Editions 10-18, 2006.

[8] Alain Touraine, Après la crise, Paris, Seuil, 2010.

 [9] Negt, op. cit., page 190.

 

INTERVENTION AU COLLOQUE :

La lutte contre les discriminations.

Quels partenariats ? Quels objectifs ?

 octobre 2010, Palais de Justice de Chambéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

s

M. DIANI è sociologo e politologo al CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Ha occupato per molti anni la cattedra di Mellon Professor of Social Sciences and International and European Studies a Chicago e poi anche Senior Fellow in varie università in Scozia. Autore di numerosi libri e pubblicazioni, è regolarmente Senior Fellow o Visiting Professor presso università in Europa, in Israele o negli Stati Uniti.  Si occupa principalmente, anche come consulmente, di diversità e multiculturalismo, di conflitti e movimenti urbani, e di communicazione  et strategie politiche.


Perchè scrivo in altre lingue.

 Qual è la mia madrelingua?

Oramai, dopo tanti anni lontano da Roma, dopo aver vissuto e insegnato in tanti paesi diversi, non so quasi più rispondere. E’ la lingua della casa, delle mie prime parole e della scuola, la lingua che ho imparato a leggere e scrivere ? O l’altra lingua, quella delle strade dove vivo, e dei commercianti dove faccio le spese, dei miei studenti ? 

O ancora la lingua in cui scrivo con un altro nome ?


REPERES

 

M. Diani est chercheur au CNRS, où il est membre d'une importante unité multidisciplinaire rattachée à l'Universités de Paris X et Paris VIII, à l’ENS et au CNRS. Il a été pendant plus de dix ans (1984-1996), Mellon Professor of Social Sciences and International and European Studies à la Northwestern University, à Chicago.

 

Et Visiting Professor dans nombreuses universités en Europe, en Israël et aux Etats Unis.

 

Il est le fondateur et Directeur scientifique de la Summer School EXTRAPOLIS.

 

Grandes capacités d’animation d’équipe ainsi que de créativité, de rigueur, d’organisation.

 

Il est depuis 2007, "conseiller permanent pour la stratégie, la prospective et les études sociologiques" d’une grande organisation nationale des professions de la justice.

 

Il collabore aussi avec les autorités politique chargée de la reforme des organismes de recherche

 

OTHER POSITIONS (non exhaustive)


1996-2001 Visiting Professor of Sociology in the Department of Sociology, University of Edinburgh.
1984-1991 Senior Fellow & Member of Istituto di Psicologia, CNR, Rome.

 

INVITATIONS + VISITING (non exhaustive)

2005-2006 Visiting lecturer at the University of Rome
2005 Visiting lecturer at the University of Lisboa
1991 Visiting Fellow Research Program on Democratization at the University of California
1989-1990 CNR-NATO Fellow in the Department of Politics, University of Strathclyde, Glasgow.
[….]
1986 Fellow in the Summer School on "Sociological Classics and Contemporary Political Problems", European University Institute, Florence (June and July).

 

PROJETS ET SUJETS DE RECHERCHE (non exhaustive)

 

Between local and global: movement networks and transformations in governance processes

The Analysis in Social Movements Research.

 

RESEARCH TOPICS AND SCIENTIFIC ARGUMENTS

2007

“Conflict, Citizenship and Civil Society“

"Networks, Collective Action, and Social Movements"
2005

“Cooperation Across Ideological Divides in the Middle East”

"Nature, Science, and Social Movements"

[….]

"The changing nature of political society"

2003

"Globalization, conflicts, social movements"
2002

"Social movements and network analysis"
2001

“New Types of Revolt and Mobilization”
2000

"Understanding the Social World",
1999 “The future of social movement research”